Depuis 1948, la Journée des droits de l’homme est célébrée afin de commémorer l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme par l’Assemblée générale des Nations Unies. Cet événement a marqué l’histoire pour tous les êtres humains autour du monde. À partir de ce moment, peu importe la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l’opinion politique, ou l’expression de toute autre opinion, l’origine nationale ou sociale, la fortune, le lieu de naissance, ou toute autre situation, l’être humain a des droits.

En théorie, cela semble merveilleux, mais la réalité est très différente pour beaucoup de nos voisins. On se souviendra de 2020 non seulement pour la COVID, mais aussi pour un bouleversement social majeur. Certains ont vécu des inégalités, l’exclusion et la discrimination profondément ancrées, systématiques et intergénérationnelles. C’est pourquoi les Nations Unies ont décidé de choisir comme thème de 2020 : Reconstruire en mieux – Défendons les droits de l’homme. Les Nations Unies expliquent :

Le 10 décembre est l’occasion de réaffirmer l’importance des droits de l’homme dans la reconstruction du monde auquel nous aspirons, d’insister sur la nécessité d’une solidarité mondiale et de rappeler notre interconnexion et l’humanité que nous partageons en tant qu’êtres humains.

Le racisme est présent partout dans le monde mais beaucoup ont choisi de croire que ce n’était pas un problème aussi important qu’il ne l’est en réalité. Aux États-Unis, ils étaient assis sur un baril de poudre et la mort de George Floyd a renforcé le mouvement « La vie des noir.e.s compte », lancé pour reconnaître les abus commis sur les jeunes femmes noires, et mis sous les feux de la rampe, comme on l’a assez dit.

Henri Giroux, professeur d’études dans l’intérêt public à l’Université McMaster, en Ontario, explique que cette lutte contre le racisme a fédéré des problèmes beaucoup plus grands que la communauté l’imaginait. Les droits humains ne sont évidemment pas justes économiquement et écologiquement parlant.

« Le plus important, c’est que le mouvement LVDNC a infusé dans notre culture un nouveau lexique, de nouvelles possibilités de changements systémiques et structurels, un sens critique grandissant et un discours d’espoir militant », mentionne-t-il.

Bien que le Canada soit bien connu pour son multiculturalisme, il a encore un long chemin à parcourir. Non seulement le pays a été confronté à la façon dont les Canadiens/Canadiennes noir(e)s sont traité(e)s, mais il continue à être aux prises avec la discrimination historique et systémique des peuples autochtones. Certes, le Canada ait officiellement levé son objection à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, mais il n’a pas adopté, pour autant, de législation qui aurait harmonisé les lois canadiennes avec celle-ci.

Malheureusement, le Canada ne doit pas se contenter d’examiner les questions relatives à la race. Le Gouvernement du Québec a choisi d’adopter la “clause nonobstant” afin de pouvoir adopter le Projet de loi 21 qui interdit aux employé(e)s publics/publiques de porter toute forme de symboles religieux, et qui rend difficile pour quiconque de faire annuler la loi par les tribunaux.

Le thème Reconstruire en mieux – Défendons les droits de l’homme, est un appel à l’action. Il nous demande de guérir des blessures que nous avons pu nous infliger les uns aux autres, et de protéger collectivement ceux qui ont moins de pouvoir pour se faire entendre.