Les travailleurs et travailleuses au Canada étaient confronté(e)s, depuis fort longtemps, à toutes sortes d’enjeux qui leur créaient de grosses difficultés économiques. Au début des années 70, l’automatisation, la mondialisation et la technologie faisaient leur entrée dans plusieurs usines partout au pays. Des machines prenaient alors leur place, et le travail était souvent envoyé à l’étranger pour réduire les coûts de production des employeurs. L’inflation et le chômage augmentèrent rapidement, à cela vient s’ajouter la hausse du prix du pétrole causée par l’imposition de quotas à l’exportation par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

Le prix du baril de pétrole passe de 3 $ à 40 $, une augmentation de plus de 1 300 %[1].

C’est alors que les travailleurs et travailleuses réclament des augmentations de salaire aux employeurs afin de pouvoir maintenir un niveau de vie convenable. La hausse du prix du pétrole fait augmenter le niveau de vie dans tous les secteurs économiques, les entreprises essayant alors de réduire leurs coûts de production tout en haussant les prix de leurs produits. Tout augmente, et l’économie stagne. C’est la définition de la « stagflation » selon les économistes et les politiciens.

Durant la campagne électorale de son parti en 1974, le chef des Conservateurs déclare, dans un de ses discours, vouloir imposer un plafonnement légal des salaires et des prix. Pierre Trudeau, chef du parti Libéral, en profite pour tourner les événements au ridicule en se présentant comme un parti anti-contrôle. Cet argument lui fait gagner les élections fédérales avec un gouvernement majoritaire, la population canadienne voulant garder ses emplois et un bon niveau de vie.

En 1975, Pierre Trudeau revient sur sa promesse. La tension monte. Scandale. La population canadienne se sentit alors trahie par le gouvernement.

Le plafonnement des salaires est imposé aux entreprises de 500 employés et plus, à l’ensemble de la fonction publique fédérale et à la plupart des autres organisations du secteur public. Alors que l’inflation atteint près de 11 % en 1975, la loi adoptée par le gouvernement Trudeau limite les hausses salariales pendant trois ans, à raison de 8 % la première année, 6 % la deuxième et 4 % la dernière[2].

Ce contrôle de l’inflation entraîne alors une limitation des salaires par le biais d’une annulation des hausses salariales qui étaient prévues dans les conventions collectives.

En 1976, cette décision cause la perte de plus de 11,6 millions de journées de travail en raison de grèves et de lock-out. Joe Morris, le président de l’époque du Conseil du Travail du Canada, décide de faire déclencher une journée nationale de protestation le 14 octobre 1976.

Il y a exactement 45 ans, plus d’un million de travailleuses et de travailleurs à travers le Canada se réunirent. Cette manifestation ouvrière fut la plus importante de l’histoire du pays. Les syndicats poursuivent encore leur lutte contre l’injustice.

 


[1] https://congresdutravail.ca/la-plus-grande-manifestation-ouvriere-de-lhistoire-du-canada/

[2] https://congresdutravail.ca/la-plus-grande-manifestation-ouvriere-de-lhistoire-du-canada/