Les travailleurs et travailleuses de première ligne, de quelque secteur que ce soit, se mettent en danger, chaque jour, dans la lutte contre le nouveau coronavirus. Si certains de nos membres peuvent travailler depuis leur domicile, d’autres se présentent encore au travail tous les jours. Il ne s’agit peut-être pas de commis d’épicerie ou de travailleurs/travailleuses de la santé, mais des membres de l’UCET font partie de ces personnels essentiels qui aident les Canadiens et Canadiennes à rester en sécurité à la maison.

Nombre d’entre nous ont entendu, que ce soit dans les médias ou de la part de porte-parole du gouvernement, les termes ‘essentiel’ et ‘critique’, qui sont interchangeables, ce qui a semé la confusion chez les dirigeant(e)s comme chez les travailleurs et travailleuses. Pour clarifier les choses, la définition d’un travailleur critique ou vital n’est pas celle d’un travailleur essentiel. En effet, l’expression ‘travailleur essentiel’ est destiné à définir quelqu’un qui doit continuer de travailler pendant les négociations collectives en cas de conflit de travail. La désignation ou non d’une personne comme ‘essentielle’ n’a aucune incidence sur le fait qu’elle travaille depuis son domicile ou sur son lieu de travail pendant la pandémie.

Kaleb Milne, à Hay River, dans les Territoires du Nord-Ouest, est l’un de ces travailleurs essentiels. L’organisation du nom d’ORSI, anciennement Société des transports du Nord Limitée, est chargée de faciliter le transfert des marchandises vers de nombreuses communautés isolées du Nord. Pendant la saison morte, elle assure également l’entretien des navires pour diverses organisations, dont la Garde côtière canadienne. Cela explique donc que les membres de la Section locale x3040 ont été désignés comme étant vitaux et qu’ils doivent ainsi se présenter au travail.

Seul homme de métier de l’atelier, Kaleb a expliqué que les membres s’occupent non seulement des navires canadiens mais aussi des navires étrangers. De nombreuses mesures de sécurité sont en place lorsqu’il arrive à son poste. Une partie de la procédure d’autorisation à la porte d’embarquement consiste à vérifier quotidiennement la température et à se laver les mains. Si une personne ne se sent pas bien, l’employeur la renvoie à son domicile, tout en lui versant son salaire.

« L’employeur a pris certaines mesures, comme l’abrogation de la limite des jours de maladie, mais il y a aussi d’autres problèmes », a déclaré M. Kaleb. Il a précisé que l’un de ces problèmes vient du fait que si une personne est obligée par l’employeur de s’isoler, elle ne reçoit que son salaire normal et n’a pas droit au paiement des heures supplémentaires qu’elle aurait effectuées. « C’est l’une des choses sur lesquelles la Section locale essaie de se pencher en vue de trouver une solution », a-t-il ajouté.

La consœur Jaanika Klimsto est préposée à la salle des machines à bord du NGCC Griffon, situé dans les Grands Lacs. Le changement d’équipage est soumis à de strictes règles. La consœur a expliqué que les membres de l’équipage doivent louer un véhicule mais ne peuvent avoir plus de trois personnes à bord. Dès leur arrivée à la base, le personnel de la GCC qui porte un équipement de protection, procède au nettoyage en profondeur du véhicule, après quoi les trois membres de l’équipage qui sortent de la rotation rendront la voiture de location.

De nouvelles procédures, telles que la vérification de la température, sont également en place avant l’embarquement et pendant les 28 jours de travail de l’équipage. Ces nouvelles mesures ont eu pour effet de réduire le nombre d’équipements de protection individuelle (ÉPI), tels que les gants ou les couvre-sonde de thermomètre auriculaire. « Pour faire mon travail, je portais déjà des gants pour protéger mes mains. Nous devons maintenant utiliser des gants plus épais, comme ceux dont on se sert pour faire la vaisselle, car nous n’avons plus de gants plus fins en stock. Cela pose quelques problèmes de dextérité », a précisé Jaanika. Quoi qu’il en soit, les membres de l’équipage sont censés s’autocontrôler pendant leur séjour à bord du navire.

« Nous n’avons pas de permission à terre, sauf pour se procurer des choses essentielles comme le carburant, l’eau, l’huile ou des aliments », a-t-elle déclaré. Il y a toutefois un côté positif puisqu’ils peuvent toujours rentrer chez eux à la fin de leur rotation. « Les choses ne sont pas radicalement différentes du fait qu’il n’y a pas beaucoup de contact avec le public (pour nous). »

Qu’il s’agisse des inspecteurs ou inspectrices de la sécurité, des responsables de la gestion de l’eau, des membres des équipages de navires, ou de ceux et celles qui assurent la sécurité et l’entretien, nous tenons à remercier chaleureusement et du fond du cœur tous nos membres jugés essentiels dont le travail aide, d’une certaine manière, le reste d’entre nous à s’isoler.