Par Mikelle Sasakamoose une membre de la section locale 20219 de l’UCET

Cette semaine, nous avions préparé une introspection sur nos expériences en observant régulièrement des processus de gestion des ressources humaines apparemment injustes. Et sur toutes les fois où on nous a dit : « Il n’y avait pas de candidats indigènes qualifiés. »

Nous allions vous parler de ce que c’est que d’être obligé d’obtenir une pièce d’identité pour prouver son statut d’Indien, mais aussi de devoir attendre 6 à 10 fois plus longtemps pour recevoir une telle preuve que pour obtenir un passeport canadien.

Nous voulions vous parler de l’homme des Premières nations qui s’est suicidé dans les toilettes d’une salle d’urgence de la Colombie-Britannique, alors que ses appels à l’aide étaient rejetés – encore et encore – par les infirmières et le corps médical.

Nous voulions vous parler de la façon dont le Canada refuse de nous envoyer l’argent des traités si nous ne nous présentons pas pour le recevoir le jour anniversaire du traité. En passant, sachez qu’il s’agit de 5 $ par année, et que cette modique somme n’a jamais été augmentée en raison de l’inflation.

Nous voulions aussi vous parler des milliers de femmes des Premières nations qui ont perdu leur statut d’Indien, et parallèlement leurs droits et titres reconnus par le Canada, à cause des dispositions de la Loi sur les Indiens.

Nous voulions vous parler de la discrimination que nous subissons jour après jour alors que nous essayons tout simplement de naviguer dans les dédales de la vie de ce pays. La semaine dernière, la députée inuite Mumilaaq Qaqqaq a résumé la situation pour nous dans son discours d’adieu au Parlement.

La députée du Nunavut, Qaqqaq, ne se représentera pas aux élections.

Veuillez écouter ses paroles :

Pour une lecture plus approfondie, vous trouverez ci-joint un document présentant des ressources contenant plus d’informations sur le racisme systémique.

 

Avertissement : Certaines de ces ressources traitent du suicide.

Comment changer le racisme systémique au Canada : À quoi ressemble le racisme au Canada ? Dans cette série Web intitulée First Things First, Cindy Blackstock, directrice générale de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières nations du Canada, nous raconte l’histoire de Jordan River Anderson, et nous explique pourquoi elle continue de se battre contre le gouvernement canadien pour obtenir des droits pour les enfants autochtones.

o https://youtu.be/j-xAloD75dQ

Un système déficient : Pourquoi un quart de la population carcérale canadienne est-elle autochtone ? Au lendemain de l’acquittement de Gerald Stanley accusé de la mort de Colton Boushie, des voix se sont élevées pour réclamer des réformes afin de lutter contre le racisme systémique flagrant du système de justice pénale canadien. Colton Boushie, 22 ans, est mort après avoir reçu une balle de Stanley derrière la tête alors qu’il était assis dans un 4×4 aux abords d’une ferme, près de Biggar, en Saskatchewan. Le système judiciaire canadien est défavorable aux Autochtones à tous les niveaux, qu’il s’agisse des contrôles de police, des arrestations, du refus de libération sous caution, de la détention, des erreurs et des disparités dans la détermination des peines, ou des taux d’incarcération élevés. Ces tendances sont également bien documentées dans des pays comme les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Il est clair que le problème se situe au niveau de nos systèmes judiciaires.

o https://theconversation.com/broken-system-why-is-a-quarter-of-canadas-prison-population-indigenous-91562

Premières nations, traitement de deuxième ordre – Le rôle du racisme dans la santé et le bien-être des peuples autochtones au Canada : Le racisme a joué un rôle fondamental dans le développement et le maintien de l’État-nation canadien. La colonisation des terres et des peuples autochtones a été alimentée par des croyances et des idées racistes sur les peuples autochtones, leurs valeurs, leurs principes de l’être et du savoir, leurs coutumes et leurs pratiques. Ces croyances fondées sur la race ont servi à justifier des actes de discrimination raciale, notamment la violence, le génocide culturel, la ségrégation imposée par la loi, l’appropriation des terres et l’oppression sociale et économique mise en œuvre par des politiques telles que l’Acte pour encourager la civilisation graduelle (loi adoptée en 1857) et la Loi sur les Indiens.

o https://www.wellesleyinstitute.com/wp-content/uploads/2015/02/Full-Report-FPSCT-Updated.pdf

Solidarité noire et indigène contre le racisme systémique : L’histoire de la colonisation dans le monde en est une qui tourne autour du contrôle des terres et des ressources perçues : le poids du pouvoir colonial se déplaçant de territoire en territoire, de continent en continent, revendiquant des terres, des ressources et des personnes à travers le monde. Alors que ce système puissant voyageait et engloutissait des êtres humains dans le but de les asservir, il absorbait également les terres qui avaient été débarrassées de leurs gardiens légitimes, des terres riches en quantité, en qualité et en ressources économiques, à la fois sur et sous le sol. Les deux processus sont liés : éliminer les humains par tous les moyens, y compris le déplacement forcé, le travail, l’effondrement social et l’infection ; et affirmer la propriété du territoire par la violence, les édits et le changement de nom. Tout cela pour acquérir un pouvoir économique, géographique et politique.

o https://www.amnesty.ca/blog/black-and-indigenous-solidarity-against-systemic-racism

Incroyablement toxique : De plus en plus de femmes autochtones révèlent des exemples de racisme dans la bureaucratie fédérale : le détournement cognitif (forme d’abus mental) et le racisme désinvolte sur le lieu de travail de Karin Moen étaient devenus si pénibles qu’elle a songé à se suicider dans l’entrée de son immeuble, au 10 de la rue Wellington, à Gatineau (Québec). Ces pensées l’ont suivie comme une ombre pendant 18 mois. Après avoir tapé une note de suicide sur son ordinateur de bureau, Mme Moen a réalisé qu’elle avait besoin d’aide.

o https://www.aptnnews.ca/national-news/incredibly-toxic-more-indigenous-women-share-stories-of-racism-in-the-federal-bureaucracy/

Le racisme systémique : Ce à quoi il ressemble au Canada et comment le combattre : Le racisme systémique est le résultat combiné d’années de pratiques racistes et discriminatoires. En tant qu’individus, il est normal de se sentir découragés et impuissants. Mais sachez qu’en étant plus attentif au fonctionnement des systèmes et en promouvant la responsabilité sociale, vous pouvez vous aussi prendre l’initiative d’un changement.

o https://vpfo.ubc.ca/2021/03/systemic-racism-what-it-looks-like-in-canada-and-how-to-fight-it/

Ignoré à mort : Le racisme systémique dans le système de soins de santé du Canada : le racisme, y compris le racisme systémique au sein du système de santé, contribue de manière significative à la dégradation de la santé des peuples autochtones. Le racisme ne se limite pas aux problèmes interpersonnels lors de la prestation de services de santé. Le racisme structurel est évident dans l’ensemble du système de santé canadien. Le racisme structurel existe dans les politiques et les pratiques du système de santé public canadien et d’autres secteurs, ce qui a des effets négatifs profonds sur l’accès aux soins et accentue les disparités en matière de santé. La discrimination raciale dans le système de soins de santé ainsi que dans la société canadienne en général a des effets physiologiques directs sur la santé.

o https://www.ohchr.org/Documents/Issues/IPeoples/EMRIP/Health/UniversityManitoba.pdf

Oui, il existe un racisme systémique au Canada – notre histoire en est remplie d’exemples : Certaines personnes ne vous entendront pas, peu importe la sincérité de votre discours. Elles ne vous entendront pas, même si vous parlez avec force, amour ou sincérité, tout simplement parce qu’elles ne le veulent pas. C’est à cela que ressemble la conversation à sens unique sur le racisme au Canada, une conversation qui tombe dans l’oreille d’un sourd. Il est exténuant de devoir expliquer sans cesse que le racisme existe au Canada. Il est épuisant de se faire dire constamment ‘retournez chez vous’ par les mêmes personnes qui nient son existence même. Et pourtant, nous sommes là.

o https://globalnews.ca/news/7029694/canada-systemic-racism/