Le mois de juin est désigné comme étant celui de la Fierté au Canada. Tout a commencé en 1924, aux États-Unis, lorsque Henry Gerber créa la Society for Human Rights. Cet événement, véritable déclencheur, s’est manifesté quelques années plus tard dans le Greenwich Village de New York au Stonewall Inn, le 28 juin 1969 :

La police a fait une descente dans ce lieu de rassemblement populaire pour les jeunes homosexuels, lesbiennes, bisexuel(le)s et transgenres, arrêtant les membres du personnel pour avoir vendu de l’alcool sans permis, brutalisant de nombreux client(e)s et vidant le bar. Dehors, la foule qui regardait les clients du bar poussé(e)s dans des fourgons de police, devint furieuse[1].

Les personnes présentes au moment de l’émeute se mirent à jeter toutes sortes d’objets sur les forces de l’ordre qui harcelaient la communauté LGBTQ2+. Les policiers en question durent se réfugier à l’intérieur du bar pour appeler des renforts. Entre temps, quelque 400 personnes s’étaient jointes à la manifestation pour dénoncer l’injustice faite à cette la communauté. Cette révolte dura 5 jours consécutifs. Ces émeutes, qualifiées de Stonewall Riots, furent l’élément déclencheur d’un mouvement de solidarité pour les droits la communauté LGBTQ2+, et devinrent la genèse de la lutte pour les droits des personnes trans menée par l’icône Marsha P. Johnson. Cette femme a joué un rôle primordial en tant qu’activiste noire et drag-queen, symbole des émeutes de Stonewall.

Marsha P. Johnson a lutté toute sa vie pour défendre les droits des LGBTQ2+. Cette drag-queen afro-américaine était en première ligne des émeutes de Stonewall en 1969 afin de dénoncer le harcèlement que subissait la communauté, allant jusqu’à jeter des briques sur les parebrises des voitures de police. C’est lors de cette rébellion qu’elle devint une icône en faveur de l’identité LGBTQ2+. Une année après ces événements, soit le 28 juin 1970, elle participait au défilé de la Fierté à New York.

« J’ai été battue, jetée en prison, ai perdu mon travail, tout ça pour la libération homosexuelle. Il est temps de faire la révolution maintenant », clame haut et fort Marsha P. Johnson[2].

Elle cofonda l’association STAR (Street Transvestite Action Revolutionaries) qui viendra en aide aux jeunes transgenres à New York puis, dès l’émergence du SIDA dans les années 80, elle apportera un soutien majeur aux personnes séropositives par le truchement de son engagement dans l’association politique ACT UP pour sensibiliser et aider la communauté sur l’épidémie du SIDA.

Marsha P. Johnson, David France © Netflix

En juillet 1992, alors âgée de 47 ans, son cadavre est retrouvé flottant dans le fleuve Hudson à New York. Sa mort, plutôt mystérieuse, fut classée par les autorités comme un suicide. Sa famille et ses proches refusèrent toutefois cette conclusion étant donné qu’elle n’était pas suicidaire. Depuis, l’enquête a été réouverte en 2012. C’est la plateforme Netflix lui consacre un documentaire biographique réalisé par David France: La mort et la vie de Marsha P. Johnson (2017).


[1] https://www.loc.gov/lgbt-pride-month/about/

[2] https://www.linternaute.com/actualite/biographie/2500801-marsha-p-johnson-une-revolutionnaire-lgbt-dont-la-mort-demeure-un-mystere/